Kareine Vachelard, naturopathe à Riom

Et si votre routine du matin entretenait un cortisol trop élevé ? 5 habitudes à réajuster en douceur


INTRODUCTION

Le matin donne le ton de la journée. Dès les premières minutes après le réveil, notre corps s’ajuste, s’organise et sécrète des hormones qui influencent notre énergie, notre humeur et notre capacité à faire face au stress. Parmi elles, le cortisol, souvent appelé « hormone du stress », joue un rôle clé.

Sans le savoir, certaines habitudes matinales pourtant banales peuvent maintenir l’organisme en mode alerte dès le réveil. Résultat : un stress qui s’installe, une fatigue qui s’accumule, une sensation de pression dès le début de la journée… parfois avant même d’avoir quitté la maison. Et c’est le lit, à court ou moyen terme, du pré-burn-out voire du burn-out… si le reste de la journée et de la semaine est sur le même tempo !

La bonne nouvelle, c’est qu’il ne s’agit pas de tout changer ni de viser une routine parfaite. Quelques ajustements simples, plus respectueux du rythme du corps et du système nerveux, peuvent déjà faire une grande différence.
Dans cet article, je vous propose de découvrir 5 mauvaises pratiques de la routine du matin à éviter, et surtout des pistes plus douces pour aider votre corps à démarrer la journée autrement.

du matin et cortisol : comment commencer la journée sans surcharger le système nerveux

Le cortisol est souvent présenté comme « l’hormone du stress ». Pourtant, sans lui, nous aurions bien du mal à nous lever le matin, à prendre des décisions ou à faire face aux imprévus. Le problème n’est donc pas le cortisol en lui-même, mais le fait qu’il soit sollicité en permanence.

Le cortisol, comme un réveil naturel 

On peut imaginer le cortisol comme un réveil interne.
Chaque matin, il augmente naturellement pour nous aider à :

  • sortir du sommeil,
  • mobiliser l’énergie,
  • nous mettre en mouvement,
  • nous concentrer.

Dans un fonctionnement équilibré, le cortisol suit un rythme bien précis :

  • élevé le matin (surtout dans l’heure qui suit le réveil),
  • puis il diminue progressivement au fil de la journée,
  • pour devenir bas le soir, permettant au corps de se détendre et de s’endormir.

Le cycle du cortisol en situation de stress prolongé

Lorsque le stress devient chronique, le cortisol ne suit plus cette vague naturelle.
Le corps reste en état de vigilance, comme si le danger était permanent.

Résultat :

  • le cortisol peut rester élevé trop longtemps,
  • ou au contraire finir par se dérégler, avec des pics inadaptés,
  • le soir, il peut rester trop haut, empêchant la détente et le sommeil.

À long terme, cela peut se traduire par :

  • fatigue persistante,
  • troubles du sommeil,
  • irritabilité,
  • difficultés de concentration,
  • sensation d’être “à cran” dès le matin.

 Le cortisol n’est pas l’ennemi

Il est important de le rappeler : le cortisol est une hormone indispensable à la vie.

Ce n’est pas une hormone « négative », mais une hormone d’adaptation. Elle nous aide à faire face aux défis, à réagir, à avancer.

Le véritable enjeu n’est donc pas de supprimer le cortisol, mais d’apprendre à mieux le réguler, en respectant les besoins du corps et du système nerveux.

 À RETENIR : le cortisol en quelques mots

Le cortisol est une hormone essentielle à notre équilibre.
Il agit comme un réveil naturel, augmentant le matin pour nous donner de l’énergie, puis diminuant progressivement dans la journée pour permettre la détente et le sommeil.

En cas de stress prolongé, ce rythme se dérègle : le corps reste en tension permanente, le cortisol peut rester trop élevé trop longtemps et empêcher une vraie récupération.

Le cortisol n’est donc pas l’ennemi. L’enjeu n’est pas de le supprimer, mais de lui redonner un rythme plus juste, en respectant le corps

 

Mieux vaut apprendre à gérer le cortisol que chercher à le combattre.

POURQUOI DEVRIEZ-VOUS OBSERVER VOTRE ROUTINE DU MATIN ? 

En adaptant certaines habitudes, notamment le matin, il est possible d’aider le corps à :

  • respecter son rythme naturel,
  • sortir plus facilement du mode alerte,
  • retrouver des temps de récupération essentiels.

C’est précisément ce que nous allons explorer pour limiter la surchauffe du système nerveux à travers les 5 pratiques matinales à éviter… et surtout les alternatives plus douces à adopter.

Ces petits gestes du matin qui méritent d’être réajustés

Sans en avoir conscience, certaines habitudes du matin peuvent maintenir le corps en mode alerte dès le réveil et empêcher le cortisol de suivre son rythme naturel. Se lever dans l’urgence, consulter son téléphone immédiatement, sauter le petit-déjeuner ou au contraire manger trop vite, consommer des stimulants à jeun, ou encore négliger le mouvement et la lumière naturelle sont autant de pratiques qui peuvent envoyer au système nerveux un message de pression et de stress. Répétées jour après jour, elles entretiennent un taux de cortisol trop élevé et fatiguent progressivement l’organisme. L’objectif n’est pas de viser une routine parfaite, mais d’identifier ces automatismes pour les remplacer, peu à peu, par des gestes plus respectueux du rythme du corps.

cortisol stress prolongé graphique

1. Se lever dans l’urgence, comme si la journée était déjà en retard

Pourquoi c’est problématique ?

Commencer la journée dans la précipitation, c’est comme appuyer sur l’accélérateur alors que le moteur est encore froid. Le corps passe immédiatement en mode alerte, maintenant un cortisol élevé dès les premières minutes.

Alternative douce : Anticiper le réveil de quelques minutes

S’offrir quelques instants de transition : respirer profondément, s’étirer doucement, poser les pieds au sol en conscience. Même 2 minutes suffisent pour envoyer au système nerveux un message de sécurité.

 2. Attraper son téléphone dès le réveil

Pourquoi c’est problématique ?

Consulter messages, réseaux ou informations dès l’ouverture des yeux revient à ouvrir une fenêtre sur le monde extérieur avant d’être vraiment réveillée. Le cerveau reçoit trop d’informations trop vite et active le stress.

Alternative douce

Garder le téléphone hors de la chambre ou attendre 20 à 30 minutes avant de le consulter. À la place,  ouvrir les volets ou les rideaux, laisser entrer la lumière naturelle, respirer, ou simplement écouter le silence face à la lumière naturelle.

3. Se stimuler à jeun (café, thé, écrans)

Pourquoi c’est problématique ? 

Stimuler le corps sans lui avoir donné de base nourrissante revient à allumer un feu sans bois. Le cortisol grimpe pour compenser le manque d’énergie réelle.

Alternative douce

Commencer par nourrir le corps : un verre d’eau tiède au réveil, un petit-déjeuner « protéiné » pris à table en prenant le temps nécessaire à la mastication. Les stimulants (type café, thé…) peuvent ensuite trouver leur place dans un deuxième temps, sans brusquer l’organisme.

4. Sauter le mouvement… ou au contraire forcer son corps

Pourquoi c’est problématique ?

Ne pas bouger du tout laisse l’énergie stagner, comme une eau qui ne circule plus. À l’inverse, un effort trop intense dès le matin revient à secouer un corps encore endormi.

Alternative douce

Privilégier un mouvement doux et progressif : marche, étirements, respiration. Le mouvement devient alors une invitation, pas une contrainte.

 5. S’oublier complètement au profit des obligations

Pourquoi c’est problématique ?

Lorsque la journée commence uniquement par des “il faut”, le message envoyé au corps est clair : tes besoins passent après tout le reste. Le stress s’installe durablement.

Alternative douce

S’accorder un petit rituel personnel, même bref : une tisane, une respiration, une intention pour la journée. C’est comme poser une ancre avant de prendre le large.

 Introduire des outils régulateurs 

Et si apaiser le cortisol commençait par le souffle… et l’écoute émotionnelle ?

Et si votre souffle devenait un allié pour calmer le stress ?

Le soupir physiologique : une respiration simple pour apaiser rapidement le stress

Le soupir physiologique est un mécanisme naturel du corps, que nous utilisons spontanément sans y prêter attention. Il s’agit d’une double inspiration suivie d’une longue expiration, comme lorsque l’on soupire après une tension. Cette respiration agit comme un bouton pause pour le système nerveux : elle aide à faire redescendre rapidement l’état d’alerte et à calmer le cortisol. Intégrer quelques soupirs physiologiques le matin ou en cas de tension dans la journée permet d’envoyer au corps un message clair : il n’y a pas de danger immédiat. C’est un outil simple, accessible à tous, qui peut apaiser en quelques secondes sans demander d’effort particulier.

Et si accueillir vos émotions permettait de relâcher la pression ?

 La gestion émotionnelle : un pilier essentiel pour ne pas entretenir le stress

Les émotions non exprimées ou non accompagnées peuvent devenir de véritables réservoirs de stress. À force d’être retenues, elles maintiennent le corps en vigilance permanente, comme un signal d’alerte resté allumé. Apprendre à reconnaître, accueillir et traverser ses émotions permet de désamorcer ce stress à la source, plutôt que de le laisser s’installer silencieusement. Une émotion reconnue et accompagnée circule, puis s’apaise ; une émotion ignorée a tendance à s’imprimer dans le corps et à nourrir le cortisol sur le long terme. Les fleurs de Bach peuvent être de précieuses alliées pour accompagner et rééquilibrer les émotions lorsqu’elles deviennent envahissantes.

Faire des pauses et passer par le corps 

Dans un quotidien souvent rythmé par le mental, les sollicitations et les obligations, le corps est fréquemment mis de côté. Pourtant, lorsqu’on cherche à apaiser le stress et à réguler le cortisol, le corps est un allié essentiel. Faire des pauses régulières, même courtes, permet au système nerveux de quitter le mode alerte et de retrouver un état de sécurité. Passer par le toucher, les sensations et l’ancrage corporel aide à relâcher les tensions accumulées, là où le mental seul ne suffit plus. Des approches corporelles comme le massage, la réflexologie plantaire, en stimulant des zones réflexes reliées aux différents systèmes du corps, favorisent une détente profonde, soutiennent l’équilibre nerveux et offrent un véritable espace de récupération. Ces temps de pause permettent au corps de se réguler naturellement et de sortir progressivement de la surchauffe.

CONCLUSION 

Commencer la journée autrement, sans chercher la perfection

Apaiser le cortisol ne demande pas de tout changer, mais d’apprendre à écouter le corps et à ajuster quelques gestes clés du quotidien. Une respiration consciente, un café décalé, un matin moins pressé, une meilleure écoute émotionnelle peuvent déjà faire une réelle différence.

Si le stress est installé depuis longtemps ou si la fatigue se fait sentir, un accompagnement personnalisé peut aider à poser des bases plus sereines et durables.
Se faire accompagner peut être un véritable soutien pour retrouver équilibre, énergie et douceur au quotidien


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